L’homéopathie et les migraines chroniques : quand la cause se cache derrière l’émotion
- il y a 4 jours
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S’il existe des dizaines de remèdes homéopathiques pouvant être utilisés pour soulager les maux de tête, l’expérience clinique montre que certains d’entre eux possèdent une véritable affinité avec des profils bien particuliers de patients.
En homéopathie, il n’existe pas de solution universelle. Toutefois, certains remèdes se distinguent comme de véritables « champions » lorsqu’ils correspondent à l’histoire, à la personnalité et aux symptômes de la personne.
Pour les migraines, l’un de ces grands remèdes est sans contredit Natrum muriaticum.
Une recommandation venue d’un personnage hors du commun

Il y a plusieurs années, j’ai eu l’occasion d’échanger avec l’homéopathe anglais Ron Harris.
Son parcours était remarquable.
Ancien soldat de l’armée britannique, il avait été garde du corps du Mahatma Gandhi.
Au contact de Gandhi, il avait découvert le yoga et adopté le végétarisme.
C’est également Gandhi qui éveilla chez lui un intérêt profond pour l’homéopathie.
(Ron Harris est décédé il y a quelques années à 101 ans)
Lorsque les circonstances ne lui permettaient pas de réaliser une consultation approfondie, Ron Harris avait un réflexe bien particulier devant certains cas de migraines : il prescrivait Natrum muriaticum 6D, une très basse dilution.
Cette approche m’a parfois rendu de précieux services.
Mais pas dans le cas de Sylvie.
Le cas de Sylvie : 18 années de migraines
Depuis plus de douze ans, les étudiants du Centre homéopathique du Québec ont accès à des consultations cliniques enregistrées qui leur permettent d’observer la pratique réelle de l’homéopathie. Le cas de Sylvie demeure l’un des plus marquants.
Sylvie est vétérinaire depuis vingt ans. Elle consulte à l’âge de 45 ans pour des migraines dont elle souffre depuis dix-huit ans.
Ses principaux symptômes sont les suivants :
Migraines une à deux fois par semaine.
Crises durant souvent toute la journée.
Malgré la douleur, elle continue généralement à travailler.
Aucun facteur déclenchant évident n’apparaît lors de la première consultation.
Parmi ses autres caractéristiques, on note :
Une aversion marquée pour la chaleur et les journées ensoleillées.
Une tendance à la constipation avec des selles tous les deux ou trois jours, malgré une consommation d’environ deux litres d’eau quotidiennement.
Un désir particulièrement prononcé pour les pâtes alimentaires.
Les homéopathes expérimentés reconnaîtront déjà plusieurs indices évoquant Natrum muriaticum.
Je lui propose donc de prendre Natrum muriaticum 6D pendant un mois.
Résultat ?
Aucune amélioration significative.
Une information capitale
Lors de la deuxième consultation, un détail attire mon attention.
Au cours du mois précédent, Sylvie a rêvé à trois reprises à un ancien amoureux.
Un homme qu’elle avait fréquenté au début de sa carrière de vétérinaire.
Près de vingt ans auparavant.
Plus surprenant encore : ces rêves étaient extrêmement agréables.
Mais chaque réveil s’accompagnait d’un sentiment de tristesse.
La rupture avait eu lieu environ dix-huit ans plus tôt.
Exactement à l’époque où les migraines avaient commencé.
Une question s’impose alors :
Cette peine d’amour pourrait-elle être liée à ses migraines chroniques ?
Lorsque le corps exprime ce que l’âme n’a pas digéré
Cette nouvelle information modifie complètement la compréhension du cas.
Natrum muriaticum est l’un des grands remèdes des chagrins profonds, des déceptions affectives et des peines de cœur qui n’ont jamais été véritablement exprimées ou guéries.
Je poursuis donc le traitement avec Natrum muriaticum 200K.
Quelques semaines plus tard, Sylvie rapporte :
Une diminution d’environ 50 % de la fréquence des migraines.
Une diminution d’environ 50 % de leur intensité.
L’amélioration est réelle.
À la consultation suivante, une dose de Natrum muriaticum 50 000K est prescrite.
Le résultat est spectaculaire.

Les migraines disparaissent complètement.
Son niveau d’énergie augmente de façon remarquable.
Et, plusieurs années plus tard, elle demeure libérée de ce problème qui l’avait accompagnée pendant près de deux décennies.
Que faut-il retenir de ce cas ?
Ce cas illustre un principe fondamental de l’homéopathie.
La douleur n’est pas toujours le véritable problème.
Parfois, elle représente le langage choisi par l’organisme pour exprimer une souffrance plus profonde.
Dans le cas de Sylvie, une peine d’amour demeurée vivante dans l’inconscient semblait avoir trouvé un moyen d’expression à travers les migraines. Les trois rêves survenus après la prise de Natrum muriaticum 6D ont permis de mettre au jour cette blessure émotionnelle. Cette compréhension a ensuite guidé la prescription des hautes dilutions qui ont conduit à la disparition durable des symptômes.
L’âme et l’essence de Natrum muriaticum
Au fil des années, j’ai observé chez les sujets Natrum muriaticum certaines caractéristiques récurrentes. Ce sont souvent des personnes sensibles, responsables, objectives et profondément loyales.
Elles sont d’excellentes confidentes.
Elles écoutent.
Elles conseillent.
Mais elles se confient rarement.
Leur monde intérieur est riche, parfois même intense, mais demeure soigneusement protégé.
Elles parlent volontiers de leurs idées, mais beaucoup moins de leurs blessures.
Elles analysent.
Elles rationalisent.
Elles expliquent.
Tout cela pour éviter de ressentir pleinement la douleur émotionnelle.
Très souvent, leur histoire contient :
une peine d’amour importante ;
un abandon ;
une séparation ;
un deuil ;
une grande déception affective.
Le plus souvent, elles ont vécu ces événements seules.
Leur façon de souffrir est discrète.
Elles pleurent en silence.
Elles n’aiment pas être consolées.
Elles préfèrent porter leur douleur elles-mêmes.
Quelques signes physiques évocateurs
Sur le plan général, plusieurs indices peuvent orienter vers Natrum muriaticum :
Préférence pour l’ombre ou les journées nuageuses.
Aggravation par le soleil.
Aggravation par la chaleur.
Baisse d’énergie importante vers 10 heures du matin.
Attirance pour la mer.
Désir marqué pour le sel ou les aliments salés.
Forte attirance pour le poisson.
On retrouve également fréquemment :
des petites peaux autour des ongles ;
une tendance à se ronger les ongles ;
des boutons de fièvre récidivants ;
parfois une fissure verticale au centre de la lèvre inférieure.
Derrière le symptôme, une histoire
Le cas de Sylvie nous rappelle qu’en homéopathie, la question la plus importante n’est pas :
« Quel remède soigne les migraines ? »
Mais plutôt :
« Pourquoi cette personne souffre-t-elle de migraines ? »
Lorsque la cause profonde est découverte et que le remède correspondant est trouvé, les résultats peuvent parfois dépasser tout ce que l’on croyait possible.
Pour aller plus loin :
Vous pouvez découvrir l’étude complète de Natrum muriaticum dans mon ouvrage

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