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Avant de parler d’autisme… et de mon nouveau livre!

il y a 14 heures
9 min de lecture


Avant de parler d’autisme… et de mon nouveau livre… j’aimerais vous parler d’un regard.

Pendant longtemps, je croyais regarder les enfants autistes.

En réalité… je regardais surtout leurs symptômes.


  • Le retard de langage.

  • Les comportements répétitifs.

  • L’hyperactivité.

  • Les peurs.

  • Les crises.


Je cherchais naturellement à comprendre ce qu’il fallait améliorer. Je voulais trouver le bon remède. La bonne approche. La bonne stratégie.


Puis, sans que je ne m’en rende vraiment compte, quelque chose a changé.

Les enfants ont commencé à m’enseigner.


Ils m’ont appris qu’avant de vouloir transformer un enfant… il fallait d’abord apprendre à le regarder autrement.


Cette découverte a profondément transformé ma pratique.

Elle a aussi transformé ma manière de comprendre l’être humain.


Je croyais que j’allais enseigner l’homéopathie et utiliser cette médecine pour soutenir des enfants.


Je pensais que mon rôle consistait à transmettre des connaissances, à expliquer des remèdes et à partager l’expérience acquise au fil des années.


Je me trompais.


La vie avait prévu pour moi d’autres professeurs.

Ils n’étaient ni médecins, ni chercheurs, ni universitaires.

Ils avaient quatre ans. Six ans. Parfois dix.

Ils parlaient un peu. Ou pas du tout.

Et ils allaient profondément transformer ma manière de regarder le monde.


Il y a une quinzaine d’années, après avoir commencé à accompagner quelques enfants autistes en consultation, j’ai rédigé un article dans une revue homéopathique internationale (Homeopathy for Everyone).


Je pensais simplement partager une expérience clinique.

Je n’imaginais pas que cet article allait changer le cours de ma vie.


Quelques mois plus tard, je reçus un courriel provenant de la Corée du Sud.

Une maman venait de lire cet article.


Elle avait essayé certaines des approches que j’y décrivais et avait observé quelques améliorations chez son garçon.


Elle me posa une question toute simple.

— Accepteriez-vous de nous rencontrer ?

Quelques semaines plus tard, cette famille traversait l’océan pour venir passer plusieurs jours au Québec.


Nous avons parlé. Longuement. Nous avons observé son enfant.

Réfléchi ensemble.


À la fin de leur séjour, cette maman me fit une proposition à laquelle je ne m’attendais absolument pas.


Elle me demanda si j’accepterais de venir en Corée du Sud donner des conférences et rencontrer d’autres familles.


Je répondis oui, sans imaginer une seule seconde que cette réponse allait transformer une partie de ma vie.




Pendant près de douze ans, cette femme extraordinaire, Jiyoung Kim, organisa des conférences, des consultations et des rencontres destinées aux familles coréennes.


Entre chacun de mes voyages, elle coordonnait également des centaines de consultations sur Zoom avec des parents qui cherchaient simplement à mieux comprendre leur enfant.


Lorsque je regarde aujourd’hui le chemin parcouru, je réalise que ce livre n’aurait probablement jamais existé sans cette rencontre.


Jiyoung ne cherchait ni la reconnaissance ni les honneurs.


Elle poursuivait un seul objectif : aider son fils.


Et, à travers lui, aider d’autres enfants.


Certaines personnes changent silencieusement la vie de milliers de familles sans jamais apparaître au premier plan. Jiyoung est de celles-là.


Je lui dois beaucoup.


Au fil des années, j’ai rencontré des centaines de parents. Mais, plus encore que les enfants, ce sont souvent les mères qui m’ont profondément bouleversé.


Je les revois encore entrer dans mon bureau.

Certaines arrivaient avec un enfant qui refusait de leur donner la main.

D’autres portaient encore leur garçon ou leur petite fille dans leurs bras.

Certaines avaient les traits tirés par la fatigue. D’autres tentaient de cacher leurs larmes derrière un sourire.

Toutes avaient en commun une même détermination.


Être la mère d’un enfant autiste, c’est souvent accepter un travail qui ne connaît ni vacances, ni congés, ni horaires.

Préparer les repas. Observer chaque réaction alimentaire. Rassurer. Prévenir les crises. Accompagner les thérapies. Composer avec les rendez-vous médicaux. Chercher de nouvelles solutions.

Puis recommencer.

Jour après jour.

Nuit après nuit.

Pendant des années.


Je les ai souvent vues arriver avec plusieurs sacs. L’un contenait les dossiers médicaux. Un autre les collations adaptées aux préférences très particulières de leur enfant.

Et il y en avait un troisième, invisible celui-là.

Celui de la culpabilité.


« Ai-je fait quelque chose de travers ? »

« Aurais-je pu agir autrement ? »

« Pourquoi mon enfant ? »


Au fil des consultations, j’ai compris une chose.

Derrière presque chacune de ces mamans se cachait une femme qui faisait déjà tout ce qu’elle pouvait.

Et souvent beaucoup plus encore.

Je les regardais avec admiration.

Je me surprenais souvent à penser :


« Ces femmes accomplissent chaque jour quelque chose d’extraordinaire. »


On parle beaucoup des enfants autistes.

Beaucoup moins des héros silencieux qui marchent à leurs côtés.

Je voulais que ce livre leur rende hommage.


Un jour, une maman est venue me consulter avec son petit garçon.

Pendant toute la rencontre, il est demeuré silencieux.

Il ne me regardait pas.

Il semblait habiter un univers auquel je n’avais pas accès.

Pendant que sa mère me racontait leur histoire, j’entendais un léger bourdonnement. À peine perceptible.

Mmmmmmmm…


Le petit garçon répétait doucement ce son.

Sans réfléchir, presque instinctivement, je me suis mis à reproduire le même bourdonnement. Très doucement. Mmmmmmmm…


Quelques secondes ont passé. Puis il a levé la tête.

Nos regards se sont croisés.

Il s’est approché.

Il est venu derrière moi.

Et, avec une infinie douceur, il s’est mis à caresser mes cheveux.

Le geste n’a duré que quelques secondes.

Mais il a changé ma manière de comprendre l’autisme.


Ce jour-là, j’ai compris que la rencontre ne commence pas lorsque l’enfant entre dans notre monde.

Elle commence lorsque nous acceptons, un instant, d’entrer dans le sien.

Depuis ce jour, cette idée ne m’a plus quitté.

Je ne cherche plus d’abord à corriger les comportements.

Je cherche à comprendre ce qu’ils racontent.


Au fil des années, les consultations se sont multipliées. Cent. Puis quatre cents. Puis près d’un millier.

J’ai énormément appris grâce aux chercheurs, aux médecins, aux nutritionnistes, aux enseignants et aux homéopathes rencontrés un peu partout dans le monde.


Mais je dois reconnaître une chose.

Mes plus grands professeurs avaient souvent quatre ou cinq ans. Et leurs parents aussi.

Ils m’ont appris à observer avant d’interpréter. À écouter avant de conclure.

À reconnaître qu’un symptôme est parfois une tentative d’adaptation plutôt qu’un simple problème à faire disparaître.

Ils m’ont surtout appris qu’un diagnostic, aussi utile soit-il, ne résume jamais un être humain.


Je voudrais vous dire que chaque consultation s’est terminée par une amélioration.

Ce serait faux.


Je me souviens encore d’une petite fille de six ans atteinte d’un eczéma sévère.

Pendant près de deux ans, malgré toute mon implication, malgré les remèdes prescrits et les nombreux ajustements, son état évoluait très peu.

Ses parents finirent par interrompre les consultations. Je me suis longtemps senti impuissant.

Quelques années plus tard, en poursuivant mes recherches, je découvris un remède qui correspondait remarquablement à son portrait.

Je pense encore souvent à cette enfant.

Elle me rappelle que la médecine, qu’elle soit conventionnelle ou complémentaire, demeure avant tout une école d’humilité.

Nous ne savons pas tout. Nous nous trompons parfois. Nous continuons d’apprendre.

Et c’est précisément cette humilité qui nous permet de progresser.


Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’autisme, j’ai découvert avec stupeur l’ampleur de ce phénomène. Je me suis promis de ne jamais cesser d’apprendre. Chaque livre. Chaque conférence. Chaque famille. Chaque consultation. Chaque enfant devenait une occasion d’élargir ma compréhension.


Puis, un jour, une évidence s’est imposée.

Je ne pouvais plus garder tout cela pour moi.

Je voulais que les parents sachent qu’il existe des pistes. Des approches. Des possibilités.

Je voulais surtout qu’ils gardent espoir. Non pas un espoir naïf. Mais un espoir construit.

Celui qui naît lorsqu’un enfant regarde enfin sa mère dans les yeux.

Lorsqu’il prononce un premier mot.

Lorsqu’il accepte une nouvelle texture alimentaire.

Lorsqu’il partage spontanément un sourire.

Ce sont ces petites victoires qui ont nourri ma confiance. Et ce sont elles que j’aimerais partager avec vous.


Le livre que vous tenez entre vos mains ne prétend pas posséder toutes les réponses.

Aucun auteur honnête ne pourrait faire une telle promesse. En revanche, il vous propose un chemin.

Nous parlerons de science.

De microbiote.

D’alimentation.

D’homéopathie.

De recherche.

D’expérience clinique.

De témoignages.


Mais, au fil de ces pages, je vous inviterai surtout à poser une question qui a profondément transformé ma pratique.

Non pas :

« Comment puis-je changer cet enfant ? »

Mais plutôt :

« Que cherche-t-il à me dire que je n’ai pas encore appris à comprendre ? »


Je crois profondément que cette simple question peut transformer notre regard. Et parfois…

un regard nouveau ouvre des portes que nous pensions fermées.


Pendant toutes ces années, les enfants autistes m’ont appris à observer. À écouter. À ralentir. À remettre mes certitudes en question.

Ils m’ont appris qu’un symptôme n’est pas toujours un ennemi.

Qu’un silence peut parfois contenir davantage qu’un long discours.

Qu’une petite victoire peut annoncer une grande transformation.

Au fond…


ce livre ne parle peut-être pas seulement d’autisme.

Il parle de la rencontre avec un être humain.

Et si, au fil de ces pages, votre regard sur votre enfant venait à changer, ne serait-ce qu’un peu… alors ce livre aura déjà atteint son plus bel objectif.


Bienvenue.


Merci de me permettre de marcher un moment à vos côtés.

Le voyage commence maintenant.


Jean Lacombe



DÉCOUVREZ LES 12 CHAPITRES DU LIVRE


PREMIÈRE PARTIE — COMPRENDRE, QUESTIONNER, EXPLORER


Chapitre 1 — Ce que la science nous apprend aujourd’hui sur l’autisme… et ce qu’elle cherche encore à comprendre

Quelles sont les connaissances scientifiques actuelles? Quelles questions demeurent ouvertes? Un regard sur les découvertes, les hypothèses et les limites de notre compréhension de l’autisme.


Chapitre 2 — Pourquoi je continue à me poser des questions

Et si certaines pistes insuffisamment explorées méritaient davantage d’attention? Une réflexion personnelle sur l’importance de la curiosité, du questionnement et de l’ouverture intellectuelle.


Chapitre 3 — Les études comparant les enfants vaccinés et non vaccinés

Un examen critique d’études comparatives peu nombreuses, de leurs résultats et des interrogations qu’elles soulèvent. Un sujet controversé qui exige une ouverture d’esprit et la possible remise en question de certain dogme.


Chapitre 4 — Robert F. Kennedy Jr. : une nouvelle vision de la santé des enfants

Une présentation des débats suscités aux États-Unis autour de l’alimentation industrialisée, des expositions environnementales et de la sécurité vaccinale. Une occasion de réfléchir aux orientations de la santé publique et à l’importance de l'évaluation scientifique.


DEUXIÈME PARTIE — DÉCOUVRIR L’ENFANT DERRIÈRE LES SYMPTÔMES


Chapitre 5 — Changer de regard

Et si nous cessions de définir l’enfant uniquement par ses difficultés? Découvrir ses particularités, sa sensibilité, ses forces et sa manière singulière d’entrer en relation avec le monde.


Chapitre 6 — Les symptômes racontent une histoire

Que peuvent exprimer les crises, les comportements répétitifs, l’évitement du regard ou l’hyperactivité? Apprendre à considérer ces manifestations comme des indices possibles de besoins, de difficultés sensorielles ou d’une souffrance à comprendre.


TROISIÈME PARTIE — LE MICROBIOTE ET L’ALIMENTATION : DES PISTES À EXPLORER


Chapitre 7 — Le microbiote : quand l’intestin influence le cerveau

Le dialogue entre l’intestin et le cerveau constitue un domaine de recherche fascinant. Que nous apprennent les études sur le microbiote, les troubles digestifs, l’alimentation et leurs liens possibles avec certains aspects de l’autisme?


Chapitre 8 — Changer l’alimentation… sans déclencher une guerre à la maison

Comment accompagner un enfant présentant de fortes préférences ou sensibilités alimentaires? Des stratégies pratiques pour favoriser progressivement la diversification, dans le respect de son rythme et de ses besoins.


QUATRIÈME PARTIE — L’APPROCHE HOMÉOPATHIQUE : INDIVIDUALISER POUR MIEUX ACCOMPAGNER


Chapitre 9 — Comment pense un homéopathe : les principes d’une prescription véritablement individualisée

Pourquoi tant de questions avant de choisir un remède? Une introduction à la démarche homéopathique globale, qui s’intéresse à l’histoire, aux réactions et aux particularités de chaque enfant.


Chapitre 10 — Quinze portraits homéopathiques d’enfants autistes

Quinze portraits (quinze remèdes) pour explorer différentes sensibilités et manières d'être à travers les grandes figures de la matière médicale homéopathique. Une lecture originale intégrant la notion de difficulté d’incarnation, propre à l’approche présentée dans cet ouvrage.


Chapitre 11 — Méthode de prescription

Comment organiser l’observation, hiérarchiser les informations et individualiser la démarche? Je présente ici la méthode que j’ai progressivement élaborée au fil de plus de 1 000 rencontres, ainsi que les observations qui ont orienté ma pratique.


CINQUIÈME PARTIE — RECONNAÎTRE LES PROGRÈS, CULTIVER L’ESPOIR


Chapitre 12 — Quand les petits changements deviennent de grandes victoires

Une meilleure nuit. Un repas plus paisible. Une crise moins intense. Un geste de communication nouveau.

Ces changements, parfois modestes en apparence, peuvent représenter d’immenses victoires pour l’enfant et sa famille.

Ce dernier chapitre nous rappelle que les progrès ne sont pas toujours spectaculaires ni immédiats. Ils se construisent souvent progressivement, dans la patience, l’attention et le respect de l’enfant.




UN LIVRE, MAIS SURTOUT UNE INVITATION À CHANGER DE PERSPECTIVE

À travers ces douze chapitres, j’ai voulu partager bien davantage que des connaissances ou des réflexions sur l’autisme.


J’ai voulu transmettre une conviction qui s’est renforcée au fil de ma pratique :

Avant de chercher à changer un enfant, prenons le temps de comprendre le monde dans lequel il vit.


L’enfant autiste n’est pas simplement une addition de symptômes à corriger. C’est une personne entière, avec ses particularités, ses besoins, ses ressources et sa façon unique de percevoir la réalité.


Et peut-être que notre plus grand progrès, comme praticiens, consiste justement à apprendre à mieux l’écouter, à mieux le comprendre et à l’accompagner avec davantage de justesse.


J’espère que ce livre nourrira votre curiosité, stimulera votre réflexion et enrichira votre regard sur ces enfants et leurs familles.




Note : Les approches homéopathiques présentées dans ce livre relèvent d'une perspective complémentaire et ne constituent pas des traitements de l'autisme dont l'efficacité serait scientifiquement démontrée. Elles ne remplacent pas les soins et accompagnements validés.


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